Placebo Wordz, paroles et traductions des chansons de Placebo

2006, Placebo, RTL.fr (Presse)

10 Novembre 2008 , Rédigé par Placebo, Paroles et traductions Publié dans #PLACEBO PRESSE

Placebo, RTL.fr, avril 2006
PLACEBO


PLACEBO  (En avril 2006, le site RTL.fr proposait une saga Placebo proposant des extraits d'interviews du groupe sur l'antenne de RTL ainsi que la diffusion de nombreux titres.)

La Saga de Placebo en intégrale.

      

Après la sortie de la compilation "Once more with feeling" et un dernier concert à Londres le 5 novembre 2004, les trois musiciens de Placebo avaient décidé de prendre des vacances. C'est ce que nous avait confié à l'époque le chanteur-guitariste Brian Molko.

"En 2005, je me casse en Inde pour un petit temps, et puis il faut bien qu'on enregistre le nouvel album. Et puis voilà, on va prendre des petites vacances parce que ça fait deux ans qu'on est en tournée. On est un petit peu fatigués et c'est nécessaire de se renouveler. Et puis, oui, il faut bien enregistrer le nouvel album. 'Sleeping with ghosts' a eu tant de succès que c'est un challenge, et c'est ça qui nous intéresse."

Alors que Brian Molko était en Inde, ses deux complices avaient choisi de séjourner en Espagne et en Australie, histoire de mettre le plus de distance possible entre eux.
Puis ils se sont retrouvés pour une tournée en Amérique du Sud et pour l'enregistrement du disque qui vient de sortir, "MEDS", le cinquième album studio de leur carrière.
Le premier single extrait de "Meds" est différent selon les pays : "Because I want you" pour l'Angleterre, et "Song to say goodbye" pour le reste du monde.

Placebo est né à Londres, au début des années 90. Le groupe est l'addition et le reflet de trois nationalités, de trois personnalités différentes réunies par une même approche de la musique.
Le guitariste-chanteur Brian Molko est américano-écossais, le bassiste Stefan Olsdal est suédois et le batteur Steve Hewitt est anglais.
Très vite, Placebo réussit à conquérir la critique et le public, auprès de qui il déchaîne véritablement les passions.
Brian Molko essaie d'expliquer quel genre de musique fait Placebo.

"C'est difficile à dire. Je pense que quand on a commencé avec Placebo, c'était l'ère du brit-pop. Il y avait Blur, Oasis. Ils se battaient dans les charts, etc. C'était très branché Angleterre des années sixties et nous, on était beaucoup plus influencés par les groupes alternatifs des années 80 : Sonic Youth, Pixies, Jane's Addiction, Pere Ubu et des trucs comme ça, la 'no wave'. Alors, ce qu'on faisait, c'était pas du tout à la mode. Alors, c'est difficile à dire. Comment définir ? Tout au début, moi j'ai dit aux gens lorsqu'ils me demandaient 'Quel genre de musique tu fais ?', moi je disais 'Entre Sonic Youth et P.J. Harvey.' L'émotion de P.J. Harvey, c'était vraiment une grande influence sur moi, et la dissonance et l'idée d'expérimenter les guitares, l'idée très très punk de Sonic Youth, c'était aussi une très, très grande influence."

Brian Molko, le chanteur et guitariste de Placebo, est né le 10 décembre 1972 en Belgique. Il passe son enfance et une partie de son adolescence au Grand Duché de Luxembourg, où il suit les cours de l'Ecole Américaine.
Son premier souvenir musical important, c'est un concert du groupe Téléphone organisé par RTL Télévision en 1983 pour l'émission "Chewing Rock".

"J'avais onze ans et mon frère, qui est plus âgé que moi, m'a emmené à Arlon, en Belgique, et c'était un concert de Téléphone avec T.C. Matic, le groupe d'Arno, en première partie. Et c'était filmé par RTL, et six mois plus tard, je l'ai vu à la télé et je me suis vu dans le public. C'était la première fois que je me suis vu à la télé et j'ai dit : "Ouah, je kiffe !" Oui, j'aime bien ça. Je me souviens, je suis allé tout devant, j'ai passé la barrière et j'étais là, j'étais un petit gosse, - bon, je suis encore assez petit -, mais j'étais un petit gosse, là, avec des mecs de sécu, ils prenaient soin de moi et puis je regardais Téléphone et moi, je trouvais ça super cool."

Du haut de ses onze ans, Brian Molko a beaucoup apprécié le concert de Téléphone, mais la musique n'est pas encore au centre de son univers.
Il est plutôt branché théâtre et cinéma, et il voudrait devenir acteur.

"Dès l'âge de onze ans, je faisais les arts dramatiques à l'école. Je faisais des pièces à l'école et puis, pendant l'été, je me cassais à Oxford pour prendre des cours et c'était mon premier amour, la comédie. Puis je suis allé étudier ça à l'université de Londres, et puis mon focus a beaucoup changé. C'était intéressant pour moi, parce que, la première année, j'ai fait beaucoup de …, j'étais acteur. La deuxième année, j'ai commencé à faire réalisateur de pièces, et puis, en troisième année, j'ai commencé à faire des films, parce que j'ai toujours été fasciné par le cinéma. Mais je n'avais pas assez de contrôle. Le truc qui me frustrait, c'était l'idée du contexte. J'étais pas le contexte. Même si tu fais du Shakespeare, si toi tu as un concept très punk par exemple ou très rock 'n' roll avec le Shakespeare, c'est quand même les mots de Shakespeare. Et moi j'avais besoin, je pense, de créer un contexte unique à moi. J'avais besoin que ce soit mes mots à moi pour communiquer mon émotion de la façon la plus honnête possible. Je pense que c'est pour ça que je suis … J'ai découvert la musique en tant que forme d'expression la plus satisfaisante."
Sans perdre de vue la comédie, Brian Molko se tourne alors délibérément vers la musique, une passion qui arrive avec l'adolescence.

"J'avais seize ans et puis j'ai demandé qu'on m'achète une guitare, une guitare acoustique, et je m'enfermais. Je passais chez 'Plakkebuttek' à Luxembourg, j'achetais des disques et puis je m'enfermais, j'écoutais les disques. Même quand j'avais seize ans, j'achetais déjà du Leonard Cohen ou du Janis Joplin. J'étais vraiment, vraiment branché par la musique des années 60, oui, les Doors bien sûr. Et je m'enfermais dans ma chambre à coucher et j'ai appris la guitare. Je suis autodidacte. Luxembourg, c'était vraiment très important, du fait que je m'ennuyais, que je suis devenu la personne que je suis aujourd'hui. C'est la même chose pour Stefan, le bassiste de Placebo. On était à l'école ensemble. On ne se parlait pas. Lui, il est très grand, alors il jouait au basket-ball, et moi, je faisais les pièces de théâtre. Alors, on n'avait pas les mêmes amis et on ne se parlait pas. Mais quand même, c'est la même chose qui s'est passée avec Stefan, parce que, il s'emmerdait, il s'est enfermé chez lui, il a appris la guitare et la basse et voilà. Oui, c'est intéressant."

Stefan Olsdal, le bassiste de Placebo, est né le 31 mars 1974 à Göteborg, en Suède. Lui aussi a passé une partie de son enfance au Luxembourg où il a suivi les cours de l'Ecole Américaine. Tout comme Brian Molko, mais sans vraiment le fréquenter à l'époque.
A l'âge de 17 ans, Brian quitte le Grand Duché et s'installe à Londres où il suit des cours de comédie au Goldsmith's College. Pendant ce temps, Stefan est reparti en Suède avec ses parents. Appelons ça chance ou hasard, leurs chemins vont à nouveau se croiser quelques années plus tard, en 1994, dans le métro londonien, à la station de Kensington. Stefan étudie alors la guitare au Musicians Institute de l'East End.

"J'ai toujours dit que le destin de Placebo a été forgé je pense, peut-être par le dieu de la musique, mais aussi par des circonstances accidentelles, des 'happy accidents', des accidents très heureux. Et on s'est retrouvés comme ça, je ne sais pas comment ça s'est passé, mais c'est le jour où nos vies ont changé, sur une station de métro, comme ça. On s'est dit : 'Mais, je te connais toi. On n'était pas à l'école ensemble ? – Oui, on était à l'école ensemble'."

Après ces retrouvailles improbables et après s'être rendus compte qu'ils avaient musicalement beaucoup de choses en commun, Brian Molko et Stefan Olsdal décident de former un groupe. Ils le baptisent d'abord Ashtray Hearts.

"'Ashtray Hearts', c'était moi et Stef quand on a commencé à écrire des chansons ensemble. C'était inspiré d'une chanson de Captain Beefheart. On était un groupe, on faisait du hard-rock, des trucs avec plein de synthés, etc. Mais on a décidé qu'on voulait être un groupe punk et c'est pour ça qu'on a cherché un batteur et que Placebo est né."

On ne choisit pas un nom de groupe par hasard. Après avoir joué quelque temps sous le nom de Ashtray Hearts, Brian Molko et Stefan Olsdal choisissent définitivement Placebo.

"Moi, j'ai toujours pensé que les meilleurs noms de groupes, c'est si tu peux imaginer qu'il y a quarante mille personnes qui gueulent ton nom à l'unisson. Mais au début des années 90, il y avait plein de groupes qui se nommaient d'après des drogues. Et moi j'ai trouvé que ça serait intéressant de se nommer d'après une drogue qui ne marche pas."

Petite précision : Brian Molko utilise ici le mot "drogue" dans le sens de médicament, qui se dit "drug" en anglais. D'après la définition du Petit Larousse, un placebo est une substance inactive que l'on substitue à un médicament.
Le premier batteur de Placebo est un Suédois, Robert Schultzberg, un ami d'enfance et ancien partenaire de Stefan. Le groupe donne son premier concert le 23 janvier 1995 au Rock Garden, à Londres.
En octobre, ils enregistrent un premier single, "Bruise Pristine", qui paraît sur le label indépendant Fierce Panda.

Fin 1995, Placebo publie un deuxième single, "Come home", sur le label Deceptive. Il se classe N°3 dans les charts indépendants en Grande-Bretagne.
En janvier 1996, ils créent leur propre label, Elevator Music, grâce à un accord avec Hut Recordings, une division de Virgin.
La force vive de leur musique, leur énergie et leur inspiration, sont déjà parvenues aux oreilles de David Bowie qui leur demande d'assurer les premières parties de plusieurs concerts de son "Outside Tour". C'est pour eux une excellente opportunité promotionnelle et une expérience personnelle unique. Mais David Bowie n'en est pas le seul responsable.

"C'est la faute de Morrissey. Morrissey était en tournée avec David et un jour, il a décidé qu'il ne voulait plus être en tournée. Alors, il a pris le tour bus, il est rentré, il a laissé son groupe derrière au concert et puis il a pris le tour bus lui-même, et puis il est rentré chez sa mère. Alors, David s'est trouvé sans première partie et quelqu'un lui a donné notre démo et il a dit : 'D'accord. J'aime beaucoup 'Nancy boy', et alors voilà, je veux avoir ce groupe-là qui va prendre la place de Morrissey.' Ce qui est important à préciser, c'est que c'était avant qu'on enregistre notre premier album. Alors, on faisait des concerts à Londres devant trois cents personnes maximum, et puis on s'est retrouvés en tournée avec Bowie en Europe devant huit mille personnes. Alors, c'était vraiment un baptême du feu et on a beaucoup appris en étant très, très jeunes et c'était une expérience incroyable. Mais la première chose que j'ai dite à David Bowie, c'est : "Salut, David, tu veux une clope ?" Il a dit : "Non, merci, je viens d'en fumer une." Et puis voilà.

Au printemps 1996, Placebo enregistre son premier album à Dublin, sous la direction du producteur Brad Wood. Cet album, qui s'appelle tout simplement "PLACEBO", paraît en juillet 96. Il est très vite certifié disque d'or.

Après la sortie de leur premier album, Placebo tournent en Angleterre, en Amérique, en Allemagne et en France. C'est alors que le batteur Robert Schultzberg quitte le groupe, à cause de problèmes relationnels avec les deux autres.
Brian Molko pense alors à rappeler Steve Hewitt, qu'il connaît depuis longtemps et avec qui Placebo avait enregistré ses premières maquettes. Steve est né à Northwitch, le 22 mars 1971. Il a été le batteur du groupe Breed avant de rejoindre les Boo Radleys.

"J'ai rencontré Steve parce qu'il sortait avec une fille qui était à l'université avec moi, que je connaissais. Et c'est comme ça qu'on s'est connus. On adorait Leonard Cohen, on adorait Scott Walker, des gens comme ça. Et puis, ben, on s'est connus comme ça. Et en plus, après qu'on a commencé le groupe, on allait toujours aux concerts de Breed et c'était une influence, et ça reste une influence sur Placebo. Alors, c'est parfait qu'il soit dans le groupe maintenant. On s'est sentis vraiment quand Steve est venu dans le groupe que c'était vraiment le début de Placebo, l'identité de Placebo qui est vraiment forte maintenant, l'idée d'un gang, une petite mafia artistique ensemble. Et cette complicité, on l'a trouvée quand Steve est arrivé dans le groupe."

Le succès de Placebo est confirmé lorsque "Nancy boy" se classe N°4 en Angleterre, avant d'être repris dans la bande originale du film espagnol "Airbag".
En janvier 1997, Placebo figure parmi les invités spéciaux de David Bowie à l'occasion de la soirée qu'il donne pour son 50ème anniversaire, au Madison Square Garden, à New York.
De retour en Europe, ils assurent les premières parties de plusieurs concerts de la tournée "Popmart" de U2.

Le look androgyne de Brian Molko pourrait faire penser que Placebo est un groupe proche du "glamour rock", ce mouvement qui a marqué le début des années 70 aussi bien dans la mode que dans la musique.
Mais ce n'est pas ça du tout. Comme l'explique Brian, ses influences musicales sont très différentes.

"Personne dans le groupe n'est très influencé par le glam-rock. Bien sûr, tout le monde connaît Bowie, tout le monde connaît T-Rex. Bien sûr, j'ai plein d'albums de Bowie chez moi, mais chez moi, j'ai peut-être un album de T-Rex. C'était pas vraiment quelque chose de très important pour moi. C'était les années 80. Alors nous, on a grandi avec le disco. Alors, c'est pour ça qu'on a fait la reprise de Boney M. On a grandi avec Boney M., les Gibson Brothers et, comment elle s'appelle, Sheila, quand elle a fait … quand elle a bossé avec Chic, des gens comme ça, 'Spacer'. Je dis ça souvent, le disco c'était beaucoup plus important que le glamour pour nous, parce que c'était … Et en plus, il y a des gens comme Brel et Gainsbourg, la culture française, et on a grandi avec ça."

Pourtant, le glamour rock semble poursuivre Placebo. En 1998, alors qu'ils viennent de commencer à enregistrer leur deuxième album, ils participent au film "Velvet Goldmine" où ils reprennent "20th century boy", le classique de T-Rex.

"Ce qui s'est passé, on m'a donné un rôle dans le film et je leur ai dit : "Ecoutez, il faut bien que vous donniez des rôles à mes collègues, et si vous avez besoin que quelqu'un fasse une reprise de '20th century boy', on va la faire pour vous.' C'était à cause de Todd Haynes, le réalisateur du film. J'étais et je suis encore un très, très grand fan de ce qu'il fait. Ses films m'ont bouleversé quand j'étais petit, et le fait que le sujet c'était le glam-rock, je m'en foutais. Moi, je voulais seulement être dans un film de Todd Haynes."

Dans le film "Velvet Goldmine", Brian et Steve jouent le rôle de deux musiciens d'un groupe baptisé Flaming Creatures. Quant à Stefan, il incarne un bassiste dans un autre groupe.

C'est Steve Osborne qui produit le deuxième album de Placebo, "WITHOUT YOU, I'M NOTHING", qui paraît le 12 octobre 1998.
Il a été annoncé par un premier single, "Pure morning", qui est sorti en août et qui est entré directement à la 4ème place des charts britanniques.
Le succès rencontré grâce à "Nancy boy" un an plus tôt semble donc vouloir continuer de sourire à Placebo.

Le deuxième album de Placebo, "Without you, I'm nothing", se vend à 300 mille exemplaires en Grande-Bretagne, et à un million dans le reste du monde. Dans ce succès mondial, la France occupe une très large place.

"Dès le début, le public français nous a acceptés à bras ouverts. Il y a une histoire d'amour entre Placebo et le public français. C'est pas con, mais c'est vrai que, quand on pense historiquement, que les groupes anglo-saxons qui ont marché en France, c'est les Cure, c'est Depeche Mode, par exemple. On a beaucoup en commun avec ces deux groupes-là. Il y a un romantisme assez sombre qui existe avec Depeche, avec les Cure, avec Placebo. Il y a une telle tradition de romantisme littéraire en France que ça ne m'étonne pas. D'accord, on peut toujours dire que c'est le fait peut-être que je parle … que je me débrouille pas trop mal en français, que ça aide aussi."

Le titre générique, "Without you, I'm nothing", paraît en single, mais dans une version différente de celle de l'album. Il a été réenregistré pour la circonstance avec celui qui reste leur idole et leur fan N°1, David Bowie.

En juillet 2000, Placebo revient avec "Taste in men", un extrait de son troisième album, "BLACK MARKET MUSIC". Le groupe, qui a pris confiance en lui-même, s'est impliqué dans la production qu'il partage avec Paul Corbett.
Pour présenter ce nouvel album, Placebo participe à de nombreux festivals en Europe tout au long de l'été 2000.
Ils enchaînent ensuite avec une tournée qui va durer un an et demi et qui les mène aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique (où ils sont très populaires), en Australie, au Japon et en Russie.
"Black market music" donnera trois autres singles : "Slave to the wage", "Special K" et "Black-eyed", dont on peut voir un extrait de la vidéo dans le film allemand "Engel & Joe".



Le "Black Market Music Tour" se termine le 19 octobre 2001 à Londres. Placebo fait alors une pause pour enregistrer son prochain album. Brian Molko en profite pour collaborer avec d'autres artistes.
Il chante "Carbon kid" sur l'album "White Noise" de Alpinestars, ainsi que deux titres sur l'album de Trash Palace : "The metric system" et la reprise de "Je t'aime, moi non plus" de Gainsbourg, en duo avec l'actrice italienne Asia Argento.
Il a ensuite collaboré avec Kristeen Young, avec le DJ producteur allemand Timo Maas, et il a participé à l'album "Rendez-Vous" de Jane Birkin, en lui offrant une chanson originale. Ces rencontres, Brian Molko en a besoin, même si elles n'ont pas toutes la même histoire.

"C'est un petit peu par chance et par désir. Avec Trash Palace, c'était Dimitri Tikovoï. C'est un pote, il a produit beaucoup de morceaux de Placebo. C'est un petit peu comme bosser avec des potes, avec les Alpinestars aussi, avec 'Smile', la chanson que j'ai écrite pour Jane. Je l'avais écrite et je cherchais quelqu'un, une voix féminine, une icône féminine avec laquelle faire un duo et j'aurais jamais cru que ça serait possible avec Jane Birkin. Et on s'est rencontrés à un concert de Mickey 3D, et puis on s'est kiffés et puis voilà. On s'est bien entendus et puis c'est arrivé comme ça. C'est souvent par accident, et moi je trouve ça cool. Parce que dans le monde de Placebo, tout est très organisé, et de faire des folies comme ça avec des gens que tu admires, ça remplit le cœur."

Lorsque Brian Molko réussit à s'évader de Placebo, on peut parfois le voir faire le D.J. dans des clubs à Londres, en Grèce, en Espagne ou en Thaïlande. C'est pour lui un rôle inhabituel, mais qu'il considère comme une récréation toute naturelle.

"Moi j'aime beaucoup danser. C'est très important pour moi. Les gens, ils ont une préconception de Placebo que je trouve assez étrange, et quand on leur dit qu'on aime beaucoup la plage et qu'on aime beaucoup danser, les gens sont choqués. Mais c'est très important pour nous. Alors pour moi, faire le D.J., c'est pas comme si j'essayais d'être un D.J. C'est des gens qui m'ont demandé de le faire. Alors j'ai dit : 'D'accord, si vous voulez me payer le billet d'avion pour aller à Bangkok pour faire le D.J., d'accord, bien sûr.' Je ne prétends pas être quelqu'un qui est un super mixeur. Moi je joue les chansons que j'aime bien. Moi je joue les chansons que j'aimerais bien danser dessus, si j'étais dans un club."
"The bitter end" est le premier single extrait du quatrième album de Placebo, "SLEEPING WITH GHOSTS", qui paraît en mars 2003. Ils l'ont produit avec l'aide de Jim Abbyss, que l'on connaît notamment pour son travail avec Björk.
Ici, les expérimentations électroniques apportent de nouvelles nuances à leur musique.

En septembre 2003, "Sleeping with ghosts" reparaît dans une nouvelle version, augmenté d'un CD bonus intitulé "COVERS", où l'on trouve dix reprises.
Ce sont des titres que Placebo jouent depuis leurs débuts, dont certains étaient même déjà parus en bonus sur des maxis CDs.

"On a choisi ce qu'on considérait les dix meilleures reprises qu'on ait faites. Nos dix préférées. Il y a plein d'autres reprises qu'on a faites, mais c'est celles-là qu'on a trouvées que c'était les meilleures, particulièrement la reprise de Kate Bush. Et ben voilà, c'est des reprises qu'on a faites sur une période de huit ans. C'est pas comme si on était rentrés en studio pour faire un album de reprises. On a choisi ce qu'on considérait nos meilleurs morceaux."

Parmi ces dix reprises, la préférée de Brian Molko est celle de "Running up that hill", un titre que Kate Bush avait créé en 1985 et qui est devenu un classique.

"C'est ma reprise préférée. Je trouve que c'est la reprise la plus accomplie de Placebo. J'ai toujours adoré Kate Bush. Mais j'ai toujours un petit problème avec cette chanson. Moi je trouvais qu'elle chantait trop vite sur l'original. Les paroles sont si incroyables que quand on a approché ce morceau, on se disait : 'On va faire ça d'une façon super, super lente pour que l'émotion de chaque mot sorte.' Kate Bush, c'est quelqu'un d'incroyable. C'est vraiment une idole pour moi."

Le 2 mars 2004, Placebo publie un single réservé au marché français, "Protège-moi". C'est l'adaptation par l'écrivain Virginie Despentes de "Protect me from what I want", un extrait de l'album "Sleeping with ghosts".

"Quand on l'a enregistrée, on s'est dit : 'Ben vraiment, ça a un goût très, très, très français, cette chanson. C'est un feeling très, très français.' Et puis j'ai joué ça à mes amis français, et puis ils ont dit : 'Oh, oui, là, ça marcherait vraiment en français.' On a dit ça à notre manager et à notre maison de disques qui se sont dit : 'Ça serait super.' Et on avait envie vraiment de remercier le public français pour tout l'amour et la loyauté qu'ils nous ont donnés. Eh ben, on s'est dit : 'Ben, il faut bien une traduction. Qui tu connais qui écrit bien en France ?' Et voilà. Virginie, on la connaissait déjà. C'est une amie, une amie du groupe, une amie à moi. Et on s'est dit : 'Bien sûr. Voilà. On demande à Virginie'."

Le 16 mars 2004, quelques jours à peine après la sortie de "Protège-moi', Placebo publie le DVD "SOULMATES NEVER DIE – LIVE IN PARIS 2003". Il a été enregistré le 18 octobre 2003 à Bercy.
Le groupe y apparaît renforcé de deux musiciens supplémentaires : William Lloyd, qui joue de la basse, de la guitare et des claviers, et Xavior Roide, qui chante et joue également des claviers.

"En studio, Steve il joue de la batterie et c'est moi et Stef on joue les guitares, la basse, les claviers et tous les autres instruments. Alors, c'est devenu compliqué avec l'évolution de Placebo. Il y avait trop de textures pour rester en 'live' seulement trois personnes. Et on n'avait pas envie de devenir Kraftwerk non plus. On n'avait pas envie de faire un truc avec des ordinateurs. Pour être plus rock 'n' roll, c'était important de trouver ces deux gens-là, pour que ça nous libère à faire ce qu'on fait le mieux. Et ils font partie de la famille maintenant."

Xavior Roide quittera Placebo après la tournée "Sleeping with ghosts". Il sera remplacé par Alex Lee.

En 2004, après huit années d'existence, Placebo fait un premier bilan en publiant le CD et le DVD "ONCE MORE WITH FEELING – SINGLES 1996-2004". Comme son titre l'indique, il ne s'agit pas d'un best of, mais de la somme des 17 singles qu'ils ont publiés depuis leurs débuts.
On y trouve également deux nouveaux titres, dont "Twenty years", qui a été écrit avec la collaboration de Paul Campion, le chanteur du groupe AC Acoustics.

"AC Acoustics, pour moi, c'était le groupe britannique qui n'a jamais eu beaucoup de succès, mais était un petit peu comme les Velvet Underground. C'était un groupe qui a influencé des centaines et des centaines de musiciens et on a fait beaucoup de tournées ensemble au début de notre carrière. On est devenus très, très amis. Je suis très fan de la façon dont il écrit. Et quand j'avais un problème, quand j'avais un petit bloc, quand j'enregistrais 'Without you, I'm nothing', l'album, la personne que l'ai appelée pour m'aider avec mon bloc, c'était Paul Campion. Et alors, voilà. Cette chanson, 'Twenty years', c'est quelque chose qui est jouée au soundcheck, à la balance quand on est en tournée ensemble, et je me suis dit, quand je l'ai entendue à la balance, que ça ferait une chanson incroyable des AC Acoustics. Et il ne l'a jamais fait. Alors, j'ai pris sur moi la responsabilité de prendre ses mots et son riff de guitare et de transformer ça en une chanson, et moi je trouve vraiment que c'est ma chanson préférée de Placebo."

En 2005, après s'être octroyé une période de vacances, Placebo tourne en Amérique du Sud, notamment au Chili, en Argentine et au Brésil.
Puis Brian Molko réapparaît sur l'album d'Indochine "Alice & June", où il chante sur le titre "Pink water 3".
On le retrouve aussi à deux occasions sur l'album "Monsieur Gainsbourg Revisited". Il chante "Requiem for a jerk" (l'adaptation de "Requiem pour un con") avec Faultline et Françoise Hardy, mais aussi "The ballad of Melody Nelson" avec Placebo.

Au-delà des chansons, au-delà de l'exposition médiatique, Placebo tient à garder une part de mystère, une façon de se protéger qui est aussi une manière de garantir son intégrité et son authenticité.

"Le mystère, c'est super important, particulièrement dans le monde dans lequel on habite, avec l'Internet et tout ça. Nous, on a grandi avec le vinyle. Alors, on allait acheter notre disque à 'Plakkebuttek' à Luxembourg, et puis il y avait une photo du groupe et puis c'était tout. Voilà. Maintenant, ces jours-ci, on veut savoir tout, la couleur des cheveux pubiques du groupe, etc. Moi je trouve qu'il y a trop d'informations en ce moment et on a perdu un petit peu de mystère. Moi je trouve ça super important, l'imagination, la relation que tu as, toi, en tant qu'auditeur, de fan envers la musique. C'est l'histoire que tu crées dans ta tête et je trouve que, oui, on a perdu ça un petit peu."

Placebo vient de publier "Meds", son cinquième album studio. Il a été réalisé par le producteur français émigré à Londres Dimitri Tikovoï. C'est un travail plus direct, axé davantage sur les guitares et qui souligne l'énergie brute du groupe. On y remarque deux participations : celle de Michael Stipe, de R.E.M., et celle de la chanteuse des Kills, Alison Mosshart.
Placebo donnera plusieurs concerts en France et en Belgique dans les mois qui viennent. Ils seront notamment le 30 mai à Orléans, le 31 à Besançon, le 10 juin à Caen, le 1er juillet eu Festival de Werchter en Belgique et le 21 juillet à Carhaix, dans le cadre du Festival des Vieilles Charrues.
Placebo se produira également à Paris-Bercy un petit peu plus tard, le lundi 2 octobre. La location est déjà ouverte.


Placebo, RTL.fr, avril 2006

Source : RTL.fr



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