Placebo Wordz, paroles et traductions des chansons de Placebo

Brian Molko, Taratata, 05 juin 2009

7 Juin 2009 , Rédigé par Placebo Wordz, Paroles et traductions Publié dans #PLACEBO PRESSE

Brian Molko, Taratata, 05 juin 2009
PLACEBO

Placebo

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[For What It's Worth]
[Battle For The Sun]



Nagui : C’est un immense honneur et un immense plaisir que vous soyez de retour Placebo dans ce Taratata.

Brian :
merci, merci beaucoup.

Resumé de la carrière à travers les reprises.
"Mais au fait Brian est-ce qu’il y a une chanson que tu rêves de reprendre, si oui tu peux nous la faire a capella là tout de suite maintenant ?"

Brian chante le refrain de Total Eclipse Of The Heart.

Nagui : Comment vous travaillez Stefan et toi ? Est-ce que chacun vous travaillez dans votre coin ? Est-ce chacun fait des démos pour essayer de surprendre l’autre dans le boulot ?

Brian : C’est un peu les deux, on écrit dans la salle de répétition ensemble, mais souvent on écrit séparément dans des tours bus ou chez soi et on s’envoie des choses par e-mail ces jours-ci.

Nagui : Est-ce que des fois vous n’êtes pas d’accord notamment sur des reprises ? J’ai cru comprendre que Stefan voulait absolument reprendre Daddy Cool de Boney M ?

Brian : Non c’était plutôt pour la fille de notre ancien batteur, comme cadeau d’anniversaire.

Nagui : Le Daddy Cool ?

Brian : hum hum...

Nagui : d’accord, mais vous l’avez quand même reprise cette chanson ?

Brian : ah oui absolument ouais

Nagui : qui correspond plus à un truc disco qu’à du glam rock...

Brian : Bien sûr mais nous sommes des enfants des années 80, on a grandit avec le disco et les Gibson Brothers, Claude François etc.

Nagui : Alexandrie Alexandra ?

Brian : Ah ouais, moi quand j’étais petit, dans le salon, moi je faisais la danse des Claudettes

(danse et rires)

Nagui : alors il y a des références qui sont souvent utilisées, il y a surtout quelqu’un qui a beaucoup compté. On va faire une interview un tout petit peu différente, en musique, c’est à dire que on va écouter des morceaux et tu vas nous dire ce que ça provoque ou évoque dans ton esprit.

[Changes – David Bowie]

Nagui : Qu’est-ce que tu peux nous raconter sur l’importance qu’à eu David Bowie pour toi ?

Brian : Ben quand on est un très jeune groupe dans les années 90 , c’était 95 je pense et avant qu’on avait fait notre premier album. Y a David Bowie qui nous demandé d’aller en tournée avec lui pour faire sa première partie. Et alors c’était incroyable, parce que avant ça nous jouions dans des salles pour 300 personnes et puis on s’est retrouvés devant des milliers et des milliers de gens et on a beaucoup appris à cause de ça et une relation s’est formée et puis on a même enregistré un 45 tour ensemble

Nagui : Oui il a cherché, vraiment à vous lancer.
Alors tu dis que David Bowie est quelqu’un qui parle beaucoup d’homme à homme comme ça.


Brian : C’est un grand raconteur

Nagui : Et ça donne quoi des entretiens avec lui

Brian : Il nous a raconté des histoires sur Marc Bolan, Bowie a toujours été quelqu’un de très social alors il a connu et il connaît presque tout le monde alors tu n’as qu’à mentionner quelqu’un et puis t’as une anecdote dessus.

Nagui : Et professionnellement tu as appris des choses avec lui, c’est à dire que tu as appris notamment a laisser parler toutes les facettes possibles et imaginables de ta personnalité parce qu’il joue avec ça, avec son côté androgyne avec même en créant des personnages comme Ziggy et sans trop savoir si c’est lui qui parle ou un personnage qu’il invente.

Brian : Je pense qu’il m’a appris de ne jamais avoir peur, de vraiment, de suivre son ambition à 100% et souvent de faire des bêtises aussi, tout ce que tu fais ne peut pas être à 100% un succès, mais l’important c’est d’essayer et de prendre des risques.

Nagui : Se lâcher justement en terme de look, parce que s’il y a bien un artiste qui a créé des looks et des personnages sur chaque graphisme de pochette, sur ce qu’il a pu faire notamment en mettant du vernis, en chantant avec des boas autour du cou en se maquillant, ce sont des choses qui t’ont inspirée ? Tu t’es dit je vais jouer aussi avec cette ambiguité, avec ce côté androgyne pour reprendre le mot ?

Brian : Non c’était pas vraiment Bowie qui m’a influencé, c’était que quand j’ai commencé l’université à Londres et j’avais les cheveux très très longs et tout le monde me prenait pour une fille alors je me suis dit « oh ça c’est intéressant »

Nagui : Mais ils te prenaient pour une fille en t’agressant ?

Brian : Non pas vraiment, j’étais à une soirée, quelque chose comme ça, je me faisais draguer par des mecs tous les 5 minutes, puis « et comment tu t’appelles ? » «  Brian » « non ?! » et puis ils courent. (rire)

Nagui : Puis ils courent d’accord.


[Sex, drugs and rock 'n' roll -  Ian Dury]

Nagui : La question est plus j’ai envie de dire sur le titre que sur l’artiste, à moins que tu ais quelque chose à dire sur lui en l’occurrence.

Brian : Non, Ian Dury n’est pas vraiment une grande influence musicale.

Nagui : Mais alors sex and drugs and rock’n’roll ça c’est trois grands mouvements, c’est trois grandes expressions...

Brian : C’est le père, le fils et le saint-esprit

Nagui : peut-être, je ne sais pas, dis-moi ce que ça provoque ou évoque chez toi ?

Brian : De la nostalgie

Nagui : Pour lequel des trois ?
(rire)

Brian : Pas pour le rock’n’roll j’espère.

Nagui : Non mais blague à part, vous avez beaucoup parlé, communiqué dans des interviews et tu as dis récemment dans une interview « on l’a peut-être trop fait » mais vous avez beaucoup parlé de vos goûts sexuels au sein du groupe, vous avez beaucoup parlé aussi de la drogue tout en faisant du rock’n’roll. Est-ce que vraiment tu regrettes d’en avoir trop parlé, parce qu’on l’a trop retenu ?

Brian : Un petit peu, parce que les gens ont arrêté de parler de la musique et nous sommes devenus ce groupe travelo un petit peu bourré et voilà

Nagui : Non c’était pas ça, c’était il y a un hétéro, il y a un bi et il y a un homo, c’est à dire qu’il y avait les trois courants sexuels représentés au sein du groupe, c’est ce que j’ai lu dans toutes les interviews, c’est ce qui ressortait, comme, ça y est on a mis les trois dans le même...

Brian : Alors là c’était plutôt quelque chose de politique, nous avions envie de vraiment, que… de faire une promotion de la tolérance et c’était plus un acte politique je pense, que quelque chose pour essayer de prendre de la publicité.

Nagui : Et ça a marché puisque y a quand même je pense certains fans ou d’autres musiciens qui rassurés de quelques coming out que vous avez pu faire se sentaient mieux dans leur peau...

Brian : Absolument, ben je l’espère.

Nagui :  Si ça peut permettre ça, au moins c’est déjà ça et puis ouvrir un tout petit peu les esprits et la tolérance.
Sur la drogue il y a une très jolie phrase que tu as dites disant que ceux qui sont contre la drogue devraient jeter tout leurs disques de rock’n’roll.


Brian : Ben ouais parce que les beattles étaient si stone qu’ils ont même laisser le chanteur, euh le batteur chanter

Nagui : Ouais faut être bien camé, bon t’aimes pas Ringo Star j’ai compris.
Mais blague à part la drogue va bizarrement bien avec le monde du rock’n’roll, on a l’impression que c’est un passage obligé de prendre de la drogue quand on est une star du rock.


Brian : Je pense pas que c’est nécessairement obligé, je pense que c’est plutôt quelque chose qui est partout dans la société et nous essayions d’être un petit peu un miroir à la société, alors dans nos chansons, on s’est dit c’est impossible de parler de ce que ça veut dire d’être un animal émotionnel ici dans le 20ème siècle, parce que c’est dans le 20ème siècle qu’on a commencé, sans parler de ce sujet là.

[Smells Like Teen Spirit - Nirvana]

Nagui : Alors en fonction du  moment dans la vie de Brian Molko où vous lui faites écouter ce disque là, le commentaire n’est pas forcément toujours le même, c’est à dire qu’au début Nirvana : Non

Brian : Ah non, moi, j’étais, quand ça c’est sorti, c’était 91, moi j’étais à l’université, moi j’étais un snob de la musique indépendante et pour moi…

Nagui : C’était trop commercial ça ?

Brian : Absolument trop commercial ouais. Alors j’ai pas écouté, et ch’ai pas, c’est peut-être deux ou trois ans après, après la mort de Kurt Cobain que j’ai commencé à vraiment apprécier leur musique

Nagui : Mais vous vous rendez bien compte que des artistes peuvent écouter Placebo en disant « Placebo c’est commercial »?

Brian : Absolument, absolument.

Nagui : Ben alors ?

Brian : Ben voilà, pffff, dans deux trois ans après ma mort, ils me trouveront assez bien.
(rires)

Nagui : Oui c’est ça, il faut toujours attendre l’au-delà.
Mais vous avez quand même envie d’être parmi les meilleurs groupes au monde ? Y a pas de côté snob.


Brian :
Mais on est déjà le meilleur groupe au monde.

(rires)

Nagui : Pardon excuse-moi, j’avais pas lu toutes mes fiches c’est pour ça...


Brian : faut faire ses recherches Nagui hein.

Nagui : ouais ouais faut mieux travailler.
Alors y a beaucoup d’artistes anglo-saxons, tu parles extrêmement bien le français, il y’a dans tes veines du sang qui coule de multiples origines, c’est ce qui fait d’ailleurs la richesse de ta culture et en plus tu aimes la culture française, tu aimes lire en français et y a eu un concert qui était un concert français aussi qui a eu lieu au Luxembourg, c’est peut-être le premier concert auquel tu as assisté et qui t’a donné envie de monter sur scène et de faire de la musique.


Brian : ça m’a plutôt donné envie d’être sur la télé, parce que c’était à Arlon juste de l’autre côté de la frontière du Luxembourg où j’habitais, j’avais 11 ans, y avait un concert de téléphone et c’est mon frère qui m’a amené et c’était filmé par la télévision luxembourgeoise puis six mois après je me suis vu à la télé, je me suis dit ah wow.
(rires)
« Hey t’as une belle gueule toi »

Nagui : t’étais content de passer à la télé...

Brian : Ouais voilà.

Nagui : c’est dingue ça, le concert c’est ça ?

(Passage du concert où on voit Brian)
(un DVD du concert l’attend dans sa loge, Brian est aux anges)

Brian Molko, Téléphone gig

[Wouldn't It Be Good]

Nagui : Un album résolument plus tourné comme le titre l’indique vers la lumière et le soleil, il est beaucoup moins obscur on va dire en termes de paroles et d’ambiance, plus coloré.

Brian :
Ben je l’espère, parce que c’était notre intention. Avec Placebo, chaque album est souvent une réaction contre la dernière et on a trouvé que Meds, c’était vraiment un album très très très sombre, très claustrophobe, assez suffocant, un petit peu comme regarder dans un microscope sur la souffrance personnelle de ces personnages qui existent dans ces chansons là. Et cette fois-ci nous avions envie de faire quelque chose de plus optimiste et avec beaucoup plus de couleur et quelque chose de beaucoup plus épais et Wide Screen

Nagui : Et quitte à… pas décevoir mais surprendre un tout petit peu le public ou vos fans qui ont plutôt tendance à voir les choses d’une manière noire, obscure ?

Brian : euh… ben (silence, puis soupir)

Nagui : c’est un risque, tu es d’accord ?

Brian : d’accord, peut-être, c’est très possible, mais je vais pas me censurer artistiquement à cause de ça.

Nagui : j’ai compris, mais dans certains de tes concerts, j’ai plus souvent croisé des garçons ou des jeunes filles maquillés en noir avec une mèche de cheveux qui tombe sur le visage et pensant que la vie est pourrie et que ça va mal finir que des filles en string avec des perruques rouges en disant « oauiiiis carpe diem » !

Brian : Alors il faut faire quel genre de musique pour avoir des filles comme ça à tes concerts ? Dis-moi ?
(rires)

Nagui : De la musique brésilienne il faut !
(rire)

Brian : Ok d’accord, alors le prochain album sera du samba !

Nagui : Nan mais je fais exprès là, une petite provocation, parce que je suis contre les cliché...

Brian : on sait tous les deux que la vie n’est pas pourrie, que la vie a beaucoup de sens et si nous nous pouvons parler aux gens qui croient que c’est le cas et qui nous écoute, moi je trouve que c’est quelque chose très positif.

Nagui : optimiste. Très bien.
Et là on sent celui qui a donné la vie et qui se dit aussi il faut que les choses aillent mieux, quand on donne la vie, c’est pour aussi que l’avenir soit plus ensoleillé


Brian : absolument, il faut choisir la vie


[The Never Ending Why]

Nagui :The Never Ending Why, la question sans fin, la question qui revient régulièrement. Alors là évidemment, il y a un côté positif, mais il faut se battre pour obtenir cette lumière et quelque chose de positif, c’est pas si simple que ça quoi.

Brian : moi je dirai que c’est peut-être la bataille qui est la chose la plus importante et avoir le désir de se battre.

Nagui : Alors cette chanson parle de quoi ? D’un chaos ? Une espèce de chevalier qui est en train de se battre justement avec son compagnon pour s’en sortir et pour euh…


Brian : non je pense que cette chanson elle parle de… nous cherchons tous des réponses, mais si nous passons toute notre vie en train de chercher des réponses, on ne vit pas sa vie et qu’il est peut-être meilleur de ne pas chercher toutes les réponses, parce qu’il y a des questions qui n’auront jamais de réponses.

Nagui : Qu’est-ce qui est important pour toi, c’est d’obtenir quelque chose, c’est à dire obtenir le bonheur ou la route qui mène au bonheur ?

Brian : C’est la route, c’est l’expérience, it’s the journey, c’est le voyage lui-même qui est le plus important, parce que c’est là où on apprend le plus, dès qu’on arrive, ben ...pof... on est arrivé, ch’ai pas, on va au bar (rire), mais c’est la route qui est…

Nagui : la route vers le bonheur plutôt que le bonheur c’est ça ?

Brian : Je l’espère.


[Kitty Litter]

Nagui : Alors ça s’appelle Kitty Litter, euh comment on peut traduire Kitty Litter ?

Brian : C’est la litière de chat.

Nagui : C’est ça, j’avais peur, parce qu’en fait c’est une chanson et des paroles extrêmement sensuelles, limite érotique...

Brian : C’est une chanson très très libidineuse.

Nagui : Et quel rapport avec la litière du chat ?

Brian : (avec un grand sourire) Aucune

Nagui : J’ai peur d’un jeu de mot donc c’est pour ça

Brian : Non mais c’est parce que (rire) non non non non pas du tout, c’est parce que Stefan et moi, on a commencé à écrire cette chanson il y a ch’ai pas 14 ou 15 ans et on l’a jamais finie, y avait pas de paroles et en 1994 on l’avait déjà appelée Kitty Litter parce qu’on trouvait ça rigolo et puis c’est resté.

Naguy : Alors là on va dire, c’est quoi ? C’est plus une histoire d’amour ?

Brian : Nan c’est plutôt une histoire…

Nagui : De distance, de séparation ?

Brian : de distance et de séparation et ce besoin et de voir quelqu’un, et avoir un désir unstoppable, inarêtable

Nagui : inarétable dans l’immédiat

Brian : Ouais oauis, de suivre ce désir même quand on est loin des yeux

Naguy : Loin des yeux loin du cœur

Brian : Ouais un petit peu comme ça ouais, mais le personnage dans cette chanson ressent, il ressent quand même un petit peu de guilt, de culpabilité pour ça, mais il peut pas s’empêcher

Naguy : Ah l’appel du sex, l’appel du sex



[Ashtray heart]

Naguy : C’était le tout premier titre du groupe Placebo, vous vous appeliez Ashtray Heart au tout début.

Brian : Ouais c’était une chanson et c’est encore une chanson de Captain Beefheart, et puis on s’est inspiré de ça pour deux semaines, on a appelé le groupe pour 2 ou 3 semaines Ashtray Heart et puis c’est devenu Placebo après ça.
Mais cette chanson c’est…. j’avais jamais eu l’intention de l’utiliser dans le contexte Placebo, je l’ai écrit avec deux amis à moi, nous écrivons des chansons ensemble pour le fun et celle-là…

Naguy : Mais pourquoi tu voulais pas t’en servir ?

Brian : Parce que, à cause de cette connexion Ashtray Heart etc., on l’avait écrite, on allait la vendre à quelqu’un. Et on a écrit au Nicaragua, parce que y a de l’espagnol dedans Cenicero mi corazon cenicero, et moi j’étais le seul fumeur, j’étais en vacances au Nicaragua et je demandais toujours dans chaque resto, dans chaque café un cenicero cenicero. On avait la maquette de cette chanson, on l’écoutait pendant qu’on conduisait partout au Nicaragua et c’est comme ça que la chanson s’est écrite. Et c’est la première chanson que j’ai écrite pas avec Stefan qui est sur un album de Placebo.



Brian Molko, Taratata, 05 juin 2009
 

Source : France 4



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