Né le 22 mars 1971 à Northwich,
le batteur du Cheshire découvre son instrument à l’âge de onze ans, parce que dit-il « un copain d’école me l’a proposé » et pour accompagner ses deux grands frères guitaristes.
Il commence ainsi à jouer au lycée et pour le groupe d’un de ses frères, Misadventure.
Mais les choses sérieuses commencent en 1988, quand il rejoint les Mystics Deckchairs, un groupe indie qui connait son petit moment de gloire
quand ils apparaissent sur une compil en 1989 et que John Peel les diffuse sur BBC Radio 1.
Mais Steven James Hewitt va continuer sa route et multiplier les collaborations au sein de divers groupes et collectifs.
Avec The Electric Crayons d’abord, de Cheshire toujours, aux côtés de Tim Burgess, futur leader de The
Charlatans. Le groupe ne sortira qu’un maxi en 1989 et fait plutôt dans les reprises.
Tout en collaborant avec le collectif K Klass, très connu pour ses remixes, avec Sharkboy et en
travaillant en tant que batteur session pour des jingles publicitaires, il rejoint The Boo Radleys
de Liverpool en 1988/89, avec lesquels il enregistre le premier album du groupe, Ichabod & I, paru en
1990. Mais il n’attendra pas que vienne le succès commercial du groupe en 1993.
Tout de suite après la sortie de l’album de Boo Radleys, il décide de
rejoindre Breed, avec qui il avait déjà pris la route auparavant pour une tournée en Allemagne suite à une annonce que le groupe, à la recherche d’un batteur,
avait alors passé.
Il restera ainsi plusieurs années au service de Breed, bien que parfois de
façon épisodique. Malgré tout, Breed restera le seul véritable groupe que Steve Hewitt aura intégré avant Placebo.
Ce nombre impressionnant de collaborations diverses et variées dans un temps très court s’explique par une chose : l’argent. Venant d’un milieu plutôt modeste, Steve ne peut se
permettre de se consacrer entièrement à un groupe qui ne décolle pas.
Malheureusement, après avoir assuré les (désastreuses) premières parties de Nick Cave & The Bad Seeds durant leur tournée, les membres de Breed réalisent que le succès ne
viendra peut être jamais.
Toutefois, Steve vit de ces différents « jobs » de batteur. Mais sa future paternité en 1991 change la donne. Il lui faut un travail, un vrai, et c’est dans une écurie de
formule 1 qu’il le trouve.
Steve ne peut pour autant se résoudre à ne plus jouer. Il lui faut revenir à la musique. Il reprendra donc du service auprès de Breed.
Le jeune homme fraichement installé à Londres rencontre en 1994, via sa petite amie du moment Brian Molko, aspirant rockstar. Il accepte de l’accompagner parfois aux percus lorsque
ce dernier se produit dans des pubs. Il est d’ailleurs présent le soir où Stefan Olsdal (le camarade d’école que Brian a revu le jour même dans le métro) vient
les voir jouer au pub Round The Bend de Deptford, et que les deux anciens élèves luxembourgeois décident de créer un groupe. Steve va
enregistrer avec eux les premières démo de Placebo, mais il ne l’intègrera pas. Breed est tout de même plus solide, et plus lucratif ! Il
choisit donc de rester avec son groupe.
Mais Breed tarde à percer, alors que son pote Brian et Stefan connaissent un succès fulgurant dès leurs débuts.
Toutefois Placebo a un problème de taille : Brian ne supporte pas Robert
Schultzberg, l’ami batteur de Stefan que ce dernier a proposé pour former le power trio dont ils rêvaient. Molko réussit à le faire renvoyer, et c’est parce que
Stefan et lui continuent à croiser Steve et son groupe à l’occasion de prestations live que Brian songe à l’option Hewitt pour remplacer
Schultzberg.
A la demande insistante de Brian Molko, et bien que toujours en contrat pour 32 dates
avec Breed (ce qui explique son visage en flou dans le clip de Nancy Boy), Steve accepte de quitter son
groupe pour rejoindre Placebo.
Il rejouera une dernière fois avec Breed en 2004, pour
leur dernier concert.
Steve est gaucher, comme Robert Schultzberg dont il dira qu'il le trouve
techniquement bon, quoiqu'un peu trop tendu dans son jeu.
Bien sûr, il partage avec Robert, Stefan et Brian la même passion pour le rock bruyant et incisif, et ses références vont de Black Sabbath, AC/DC à The Cure et The Smith. Mais
Steve a un background plus éclectique. Il est aussi amateur de soul music (Prince notamment) et de drum&bass. C'est cette sonorité plus groove, qu'il a eu
l'occasion d'exercer dans le passé au sein de ses différents projets qu'il souhaite apporter à Placebo. De ce fait, la différence entre le 1er album de Placebo
et les suivants est nettement perceptible.
Par son jeu à la fois très fluide et solide, il s'attache à la mise en valeur du tempo des
chansons et donne une touche plus groovy et soul aux compositions de Placebo.
Steve Hewitt devient donc le deuxième batteur de Placebo, et en 15 jours, dans sa salle de bain, il reprend les compositions du jeune groupe pour être fin prêt
pour la tournée qui doit débuter incessamment sous peu.
La boucle semble donc bouclée, puisque Brian Molko est ravi de retrouver ce
qu’il considère être le vrai Placebo, celui des origines.
Le groupe est fier de cette alchimie si spéciale entre eux, et des années durant, Brian ne cessera de clamer son attachement à ses deux acolytes.
Même quand les tensions apparaissent et que le groupe, dès la tournée Sleeping With Ghosts en 2003 en arrive à ne plus s’adresser la parole, Placebo continuera
à offrir au monde l’image d’un groupe uni et très lié.
En octobre 2004, c’est la fin de la tournée mondiale, et Stef, Steve et Brian semblent plus proches que jamais.
En coulisse, c’est une autre histoire, et comme durant leur mini-tournée sud américaine en
2005, les trois hommes ne peuvent éviter les clashs.
En 2006, l’enregistrement de Meds et la tournée qui suit les
mènera au point de non-retour.
Cependant, rien ne laissait présager l’annonce du site officiel le 1er octobre 2007.
Le départ de Steve Hewitt pour « divergences personnelles et artistiques » a pris de cours tout le monde.
Brian Molko expliquera ainsi cette séparation :
« Être dans un groupe, ça ressemble beaucoup à un mariage, et dans les couples (ici un ménage à trois), les personnes peuvent s’éloigner l’une de l’autre. Ce serait faux de
dire que l’on n’aime plus son partenaire, étant donné tout ce que vous avez traversé et accompli ensemble. Il y a tout simplement un moment où tu te rends compte que tu attends
autre chose de cette relation, et que vous ne pouvez plus vivre sous le même toit si je puis dire »
Mais en 2009, alors que débute la promo du sixième album de
Placebo, le discours se fait plus acerbe, et on comprend alors que la séparation a été moins amicale qu’initialement annoncée, et que Steve,
accusé de choses graves, a été renvoyé sans ménagement.
Un Steve en remplaçant un autre, c’est depuis 2008 Steve
Forrest qui officie derrière les fûts de Placebo. Et malgré l’attachement certain des fans pour le batteur historique de Placebo, la transition se
fait sans trop de heurts, notamment grâce à la personnalité du jeune batteur californien.
Toutefois, il reste une partie du public qui, entre la direction artistique prise par le groupe dernièrement et des prestations scéniques laissant à désirer ne se retrouvent
plus dans ce Placebo sans Hewitt.
La carrière musicale de Steve Hewitt a semblé donc bien compromise par cette éviction. Mais c’est oublier sa grande expérience avant son arrivée dans le groupe,
qui prouve que le monsieur sait rebondir et qu’il ne manque pas de ressources.
Il n’a d'ailleurs pas tardé à se remettre au travail puisque dès 2007, avant même l’annonce de son départ, il a été question d’un album écrit à quatre mains avec le mancunéen Jon Thorne.
Ce qui semblait alors être un projet parallèle à Placebo, au même titre que l’Hotel Persona de
Stefan Olsdal serait en fait le point de départ d’une nouvelle carrière pour Steve Hewitt.
En mars 2009, Jon Thorne relance l’information via un message plutôt énigmatique, mais
qui annonce clairement que le projet est toujours d’actualité.
Toutefois l’absence d’informations précises et les annonces contradictoires qui ont suivis ont semé le doute dans l’esprit des fans de Placebo qui attendaient
des nouvelles de l’ancien batteur.
Steve Hewitt réapparait pourtant en aout 2009, et c’est le réseau social Facebook qu’il choisit pour annoncer son grand retour.
Début novembre 2009, Steve Hewitt révèle enfin le nom de son nouveau
groupe qui s'avère être également le nom de l'album à venir : "Love Amongst Ruin".
A suivre...